L’Évangile a casa 192: Jn 11, 1-45

L’Évangile a casa 192: Jn 11, 1-45

Vers la lecture de l’évangile

Un ami mort qui revient à la vie… Le rêve, non ?

Dans cette péricope, on apprend d’abord plein de choses sur Jésus – toujours la précision de l’évangéliste Jean – :

-Jésus aime ; il aime Lazare, et Marthe et Marie. Comme tout être humain, il a ses « amours-amitiés » (le verbe est bien filéo, aimer, affectionner, embrasser. Cette fratrie, c’est son oasis…

-Jésus ne panique pas à cause de la mort, même d’un proche, mais n’y est pas non plus insensible : il pleure. Et il voit dans la mort de son ami une occasion pour faire vivre mieux son entourage. A commencer par ses sœurs qui ont comme besoin d’un à-coup de foi…

-Jésus est la résurrection. Ce n’est donc pas un énième concept religieux, cette résurrection, mais une personne. J’ai toujours souhaité qu’en cas d’explosion nucléaire, je me tiendrai tout contre celle ou celui que j’aime, un.e ami.e, pour vivre le dernier instant dans cette confiance concrète. Jésus est la résurrection, et quiconque s’attache à lui vivra…

-Jésus est libérateur, « délieur » et non relieur… Le Livre, lui, il en laisse aller toutes les pages aux quatre vents, comme la nouvelle de cette ressuscitation (et non résurrection…subtile différence) ; comme Il ordonne : « Déliez-le et laissez-le aller ! ». Tout un programme de la nouvelle vie de Lazare, Marthe et Marie.

Et puis les effets de cet événement :

-Suivre sa route à la suite de Jésus signifie avancer par temps de brume et de soleil – marcher pendant le jour ou marcher pendant la nuit…

-Il y a de faux enthousiasmes – Thomas qui s’emballe : « Allons aussi afin de mourir avec lui » !  A côté de la plaque, Thomas – et des fois faussées : Marthe va progresser dans sa foi en acceptant que la mort est aussi source de vie quand on est ami de Jésus, qui ne va donc l’épargner à personne, y compris à Lui-même. La mort fait partie de la vie. La mort de sa mécréance, la mort de ses faux-semblants…

-Plusieurs des Juifs « crurent en Lui ». Chez Jean, péjorativement, les « Juifs » sont les ennemis, les opposants, les incrédules… et pourtant, force lui est de constater et d’écrire, que « plusieurs » crurent en Jésus… Aimer ses ennemis en ne les isolant pas de Sa personne de Ressuscitant, qui deviendra Lui aussi Ressuscité. En résumé, cette (longue) scène à plusieurs actes fait office d’une répétition de la mort et de la résurrection de Jésus lui-même…

Thierry Schelling