L’Évangile a casa 191: Jn 9, 1-41

L’Évangile a casa 191: Jn 9, 1-41

Vers la lecture de l’évangile

Jean cisèle chaque mot qu’il emploie dans son Evangile : « Jésus voit un aveugle »… Il y a presqu’un sourire, non ? Et puis le mot « naissance »… A lire ce qui suit – les actes de Jésus pour lui rendre la vue –, Jésus le fait naître à la lumière…

Et de fait, salive, boue, eau et lise, éléments premiers dans la création, ainsi que le souffle de la parole : Va ! », et la mission : Siloé signifie Envoyé…  On pourrait aussi repérer que la triade est le modus procedendi : cracher- faire de la boue-appliquer, et l’homme reprend : laver-revenir-voir. Et dans les deux cas, il y a un «résultat » : là, Jésus lui dit d’aller, et il va ; et ici, l’homme voit.

Les « voisins » et les « Pharisiens », eux, ne voient pas bien… Ils hésitent, on peut les comprendre : est-ce lui ? et : comment cela s’est-il fait ? Intéressant car pour les voisins, le questionnement peut s’appliquer à ce qui se dira face au Ressuscité…

Pour les Pharisiens, par contre, c’est le prisme de la Torah et surtout du Shabbat qui fausse leur réflexion : ils se penchent sur l’infraction à la Loi plutôt que sur la guérison… Pire : ils lui nient le droit de se réjouir d’avoir croisé le chemin d’un « prophète » ! Tant il est vrai que le plus grand obstacle à « grandir en religion », souvent, ce sont ses responsables (le clergé…) !

Mais cela ne va pas l’empêcher de croître : de « prophète », il en devient « Seigneur » par deux fois. Et sa prosternation finale est un acte hautement spirituel : Jésus est Dieu devant qui l’homme guéri s’incline…

La bonne foi, littéralement, le bon Evangile, la bonne religion est celle qui nous fait grandir en lucidité, ôtant nos aveuglements par l’eau de la vérité qui rince, pour voir Jésus seul, ou d’abord, ou en premier, et, tels des voyants, nous fait devenir lumière « née de Sa lumière »…

Thierry Schelling