L’Évangile a casa 193: Semaine Sainte

L’Évangile a casa 193: Semaine Sainte

Vers la lecture de l’évangile

S’il est ZE semaine chrétienne à vivre, c’est bien celle-là, dite « sainte » entre toutes – mais uniquement parce qu’elle préfigure ce que nous pouvons vivre chaque semaine de notre vie.

Le chemin. Le Christ a dit : Je suis le chemin. Son entrée à Jérusalem, fêtée ce week-end dit « des Rameaux », inaugure le début de la fin, et la fin pour un début… Tout est accompli, déjà – et avant la croix en quelque sorte : le Messie est là, la vie éternelle peut commencer ici et maintenant, en mettant nos pas, nos mains, nos corps, nos reins, nos cœurs à la suite, au service et à la louange du Dieu-fait-homme, Jésus.

La vérité. Le Christ a dit : Je suis la vérité. Son passage au tribunal des hommes, politique et religieux, fera émettre la question la plus énigmatique de l’histoire humaine, qu’est-ce que la vérité ?, placée dans la bouche d’un Pilate très moderne, alliant craintes et pouvoir, imbécilité et stratégie molle, compromis et compromission. Et Jésus y répond : par son silence, par sa présence, par sa constance, par sa fidélité, par cet amour abouti parfaitement et inégalable, devenant dès lors source et aimant pour tout disciple qui souhaite construire sa vie sur du réel, du vrai, du bon, du simple. En méditant chaque parole de Jésus qui est vérité pour toujours mais incarnée, contextualisée, personnifiée… ce qui contredit l’utopie que la vérité vraie existe en dehors d’une existence vraie…

La vie. Le Christ a dit : Je suis la vie. Lui qui va mourir, va vivre. Lui qui a vu mourir, fait vivre. Lui qui côtoie des vivants qu’il déclare morts, et des morts qu’il appelle à la vie. Lui qui a guéri le blessé, le malade, le diminué, l’ostracisé, le rejeté, l’exclu, le haï en lui offrant une vraie place « au paradis » ici sur terre déjà, en restant avec lui, elle, comme lui-même a dit qu’il sera avec nous tous les jours de notre vie.

Certes, Pâques rime avec vacances, lapins en chocolat, destinations balnéaires, aventures lointaines… Si le rythme biologique apprécie cette coupure, le rythme spirituel devrait engranger un maximum d’énergie de ces jours prochains pour déployer le sens profond et véritable de la foi chrétienne – mourir et ressusciter à l’aune de la Bonne nouvelle proclamée et incarnée par Jésus-Christ et rendue visible chez ses fidèles. Car toutes les autres 50 et quelque semaine d’une année civile reproduisent l’annonce de la résurrection – chaque dimanche est une Pâques qui souffre d’une routine ennuyeuse s’il n’est pas greffé à sa source : la Pâques du Christ, déroulée en « Jeudi Saint », « Vendredi Saint » et « Vigile pascale ».

Thierry Schelling