Trois phrases ! Trois « explosions » d’amour de Dieu dans notre humanité ! Nous devrions les connaître par cœur car elles résument aussi la foi chrétienne… de façon trinitaire !
Dieu a tant aimé le monde… Être Dieu, c’est aimer. Aimer le monde. Et tellement l’aimer qu’on lui donne ce qu’on a de plus précieux, de plus « à soi », le Fils unique.
Et non seulement Dieu donne, mais ce n’est pas pour nous coller à Lui, pour faire de nous des marionnettes, non. Mais des êtres libres, libres de croire ou pas. Quiconque croit en lui ne se perde pas… Quiconque, femme, homme, enfant, adulte, d’ici ou d’ailleurs, connu ou inconnu, riche ou pauvre, bref, quiconque… Et le don du don, pour ainsi dire, le don du Fils engendre le choix de la foi en Dieu – et la vie éternelle. Qu’est-ce à dire ? Que dès que quiconque croit en Dieu, pour lui, pour elle, c’est un engagement sans fin de la part de Dieu à son égard, et un don de la confiance du croyant, de la croyante, envers Dieu. Dieu n’est qu’Amour éternel, donc Dieu ne cesse d’aimer, de donner, de sauver… Et je peux apprendre à faire de même.
Car Dieu a envoyé son Fils non pas pour juger mais pour sauver… La tâche fondamentale du Fils, le Christ, est de sauver. Sauver de quoi ? de qui ? Sauver de tourner en rond, de se recroqueviller sur soi, de se fermer en colimaçon invétéré, d’avoir toujours raison, de croire d’avoir tout compris, etc. Sauver de tout ce qui ne va pas m’épanouir selon le fil rouge christique: Aime Dieu, ton prochain comme toi-même, lame de fond de l’Evangile, des Béatitudes à la Pentecôte ! « Il n’est pas bon que l’humain soit seul », dit la Genèse; avec le Christ, on est toujours au moins en binôme…
Qui croit en lui n’est pas jugé… Le verbe « juger » peut aussi se traduire par séparer, trier, sélectionner, voire condamner.
Qui croit en Dieu par le don du Fils n’est pas séparé.e, trié.e, sélectionné.e, condamné.e. L’effet de l’amour de Dieu ne peut être qu’inclusif et constructif. Et si je m’y adonne, je deviens « à son image et ressemblance », au gré des options d’une vie terrestre insécure…
Et le est déjà jugé, qu’en fait-on ? C’est le signe de la vraie liberté offerte par Dieu à qui le suit: on peut se fermer à Lui, on peut objecter de croire « au nom du Fils unique de Dieu », on peut réclamer des preuves… En un mot, on peut faire de notre relation à Dieu au sens christique une … religion par trop humaine, et (re)tomber dans les travers usuels de l’humain gérant la divinité.
Or, dans cette péricope en forme de triade, on entend encore et toujours Dieu dire que c’est LUI qui aime, c’est LUI qui envoie, c’est LUI qui agit EN PREMIER. Être Dieu, c’est cela: être la source du flux, de l’impulsion, du courant, du mouvement… et nous laisser libre de Le croire fiable de navigation…
Thierry Schelling
