L’Évangile a casa 206: Mt 21, 28-32

L’Évangile a casa 206: Mt 21, 28-32

Vers la lecture de l’évangile

Il y a des non qui sont des oui, et des oui qui sont des non ! Alors que Jésus dira: Que ton oui soit oui, et ton non, non !

Facile à se rappeler comme maximes, car aucune ambiguïté ne subsiste. Enfin… nous en sommes capables, nous, les humains: dire oui, puis se défiler; ou rechigner puis se repentir et agir.

A noter d’abord que Jésus parle « aux grands prêtres et aux anciens du peuple », donc aux chefs religieux et sociétaux. A ceux qui non seulement régissent le peuple religieusement et moralement, mais sont censés être des exemples: l’un va avec l’autre; un rôle conjugué par la Torah, la Loi écrite de Dieu…

Ensuite, Jésus leur fait son dialogue parabolique habituel, où ils peuvent répondre – et ils répondent juste ! – avant d’expliciter en contextualisant: ces « Neinsager », ce sont les « publicains et prostituées », c’est-à-dire (et selon eux) des personnes qui ont dit non à la bienséance en société et en religion, mais qui vont les précéder dans le royaume de Dieu… Scandale à la synagogue et dans les foyers bien pieux !!

Jésus rappelle que le royaume n’est pas constitué d’abord par des « acteurs et actrices » moraux, mais des croyant.e.s, des personnes qui apprennent à faire confiance (synonyme de foi) envers et contre tout !

Le tort des grands prêtres et des anciens est de ne pas avoir cru à la parole de Jean-Baptiste; ils n’ont pas cru à l’annonce que le Messie arrivait ! Que le Messie était Jésus de Nazareth ! Que la conversion des cœurs et des esprits était à l’œuvre du moment que, et dès que, l’un.e ou l’autre se mettait à croire (à) la parole de Jean-Baptiste – héraut envoyé vers les « gens de la Première alliance » (Ancien Testament) pour les faire basculer dans le mode de croire de ce qui deviendra la Nouvelle alliance (Nouveau Testament). Et ces érudits et autres doctes ne l’ont pas… cru. Compris, peut-être, mais pas cru.

Mais voilà: les derniers – incarnés par les publicains et les prostituées au travers de toute l’histoire biblique – s(er)ont premiers: non parce que Jésus louerait leurs actions, mais parce qu’elles et ils sont resté.e.s perméables à la parole venant de la bouche de Jean le Baptiste et, plus tard, de Jésus. Ces « Neinsager » selon la Loi et l’opprobre populaire seront en fait les premiers converti.e.s, avant même les apôtres qui, bien que suivant Jésus, ne comprennent pas tout, chutent, doutent, se chamaillent…

Et Jésus précise: « Vous ne vous êtes même pas convertis plus tard « … Alors que publicains – comme Matthieu ! – et prostituées – comme Marie la Magdaléenne ? – ont eu leur avant et leur après, ayant pris le temps de la réflexion et du discernement. Il a dû se passer une tempête dans leur cœur et leur cerveau à l’écoute de la parole de Jean puis de Jésus…qui les a convertis en temps voulu.

On a beau être du bon côté de la barrière, on n’est pas encore converti; on demeure même parfois inconvertible car trop sûr de soi, trop imbu de soi qui agit juste et bien (alors à quoi bon ?).

Pour Dieu, pas de distinction ni de catégorisation, même sur la base de nos actions, mais une attente de nous voir nous tourner (=convertir) vers Lui lorsque Sa parole est émise – criée, comme dans le cas de Jean dans le désert !! – par la bouche de Ses prophètes… Cette attente divin, c’est Sa façon de croire en nous envers et contre tout…

Thierry Schelling