Témoignage de Sébastien sur son baptême

en écho aux Béatitudes selon saint Matthieu
Dimanche de l’Apostolat des laïcs

Je m’appelle Sébastien Weilenmann, j’ai 25 ans et je vis depuis ma naissance ici, dans le bassin Genevois. Une terre riche en Histoire, auparavant rattachée à la Maison de Savoie, terre d’accueil des Huguenots à partir du 16e siècle et haut lieu de la réforme protestante. Genève a toujours été le centre de nombreuses querelles, de grandes avancées et de débats théologiques, philosophiques et culturels.

Français, Savoisiens, anglais, révolutionnaires, monarchistes, impérialistes, immigrants des quatre coins du monde et j’en passe des meilleurs, tous ont influencé et permis aux citoyens Genevois de s’identifier ainsi aujourd’hui. Rassurez-vous, je ne suis pas venu vous donner un cours d’Histoire. Mais si je m’adresse à vous aujourd’hui c’est parce que je suis, comme vous, arrivé dans ce monde, sur ces terres remplies d’Histoires qui nous échappent et qu’on oublie bien souvent.

Je me suis donc très souvent demandé, et cela me tracasse encore beaucoup aujourd’hui, « mais pourquoi suis-je là ? Pourquoi moi ? Quel est le but de tout cela ? » Et puis, certainement comme beaucoup d’entre vous de la génération Z, j’ai grandi avec un téléphone dans la main, quand ce n’était pas une manette de play ou de Wii ou autre console.

J’ai également grandi avec Internet et donc eu un accès immense à l’information et au monde gigantesque des réseaux sociaux. Ce qui est sûr, c’est que mon cerveau ne s’est jamais réellement ennuyé car stimulé en permanence. Très tôt j’ai donc été touché par les guerres, les tragédies, les drames qui arrivent partout sur la planète. Bien que privilégié car disposant d’un toit, de nourriture abondante et de la possibilité de se divertir à souhait, il m’était impossible de me satisfaire de cette situation.En effet, à force de suivre de près ces parcours de stars, des sportifs d’élites, très vite millionnaires et célèbres, j’ai moi-même voulu en devenir une. Pour ce faire, j’ai joué au basket toute mon enfance dans l’espoir de devenir le nouveau Michael Jordan, mais cela n’a pas réussi. Ensuite je voulais devenir un trader riche, et je n’ai pas été pris dans l’université prestigieuse à laquelle j’aspirais. Ce youtuber très connu, je voulais mener le même train de vie, voyager à travers le monde et vivre des expériences de fou ! Et puis je me suis lassé. J’ai même un jour voulu être président… Quelle idée…

Rarement donc, je voulais être… moi-même.

C’était donc avec une forte déception, un état quasiment dépressif, nihiliste en tous cas, que je suis passé à l’âge adulte. Malheureux, me sentant bon à rien, presque aigri d’un monde où j’avais l’impression que rien ne me souriait, que rien n’était fait pour moi. J’enchainais soirées arrosées, conquêtes sans lendemain, et surtout des heures devant ma Playstation, arrêtant le sport, m’abrutissant de substances néfastes.

Et puis un jour, lassé de ma médiocrité, secoué par la fille qui deviendra très vite ma copine, réveillé par son cœur pur, j’ai voulu trouver le chemin du bonheur, celui des Béatitudes.

C’est, par coïncidence, à ce moment-là où mon grand-père m’a tendu un livre, me disant « tiens, ce livre décrit les paraboles de Jésus, si tu l’aimes bien, alors je t’en passerai un autre ». Une semaine après, lui faisant part de mon enthousiasme, il me donna cet autre livre écrit par un de ses amis, Norbert Hugedé, s’intitulant « le Christ Oublié » où l’auteur, un docteur en lettres, professeur dans un centre de théologie et chargé de cours à l’université de Genève apporte son témoignage et pousse chaque personne ayant la foi à militer pour un idéal de réforme morale de notre société.

Cette rencontre ainsi que ces deux lectures ont changé ma vie.

Elles ont changé ma vie car pour la première fois je me suis penché sur la vie du Christ et son enseignement. J’ai pu lever la tête vers toutes les choses qui sont le fruit de la création du Divin. Cette communauté chrétienne qui a tant œuvré pour la paix, qui a tant enseigné et qui a permis à tant de personnes de vivre dans l’allégresse, peu importe la noirceur de notre Monde.

A la suite de cela, j’étais décidé à demander le baptême. La démarche fut simple : une recherche Google, un email à la Paroisse la plus proche de chez moi et le lendemain j’avais déjà une réponse. Je remercie encore le père Thierry de m’avoir tendu sa main. C’était il y a tout juste un an. Nous avons fait un tour dans le parc La Grange, et très vite je suis allé à la rencontre des autres cheminants. Des personnes comme vous, il y en a peut-être dans l’église ce soir. Des personnes qui comme moi avaient besoin d’être consolées, certaines préparaient leur mariage, d’autres étaient persécutés dans un pays qu’ils ont dû fuir, ils avaient faim et soif de la justice.

C’est à ce moment que j’ai assisté à ma première messe, un moment magnifique mais aussi confus pour moi. Ne sachant pas quoi dire, comment faire, heureusement une autre cheminante m’a guidé, même si cela ne m’a pas empêché une scène embarrassante; au moment de l’eucharistie, n’étant pas encore baptisé je ne pouvais pas communier, après m’être fait béni par le père Thierry, je suis allé tremper mes doigts, et non l’hostie consacrée, dans le sang du Christ. Oups :P. Que Dieu pardonne ma maladresse.

Blague à part, je remercie Dieu tous les jours de m’avoir fait croiser le chemin de cette fille, de m’avoir fait connaître ces livres qui m’ont donné l’envie de lire l’Evangile. Je remercie Dieu car je suis allé à la rencontre du père Thierry ainsi que tous les autres frères et sœurs en Christ lors de mon cheminement et ensuite. Je remercie enfin Françoise, ma marraine, que je ne connaissais pas avant de commencer mon cheminement et qui s’est généreusement proposée pour m’accompagner le jour de la veillée Pascale.

J’ai arrêté les soirées à outrance, j’ai arrêté les différentes substances abrutissantes, je me suis fait une raison de vivre, une raison d’être. Le sport, mon travail, apprendre et progresser n’a jamais été aussi gratifiant, et facile. Vivre et partager me rendent toujours plus heureux et surtout, l’amour me guide. L’amour de Jésus mais aussi celui de ma compagne qui est auprès de moi et qui me donne la force d’avancer sans craintes dans ce monde.

Je suis convaincu que vous vivrez la même chose que moi, que vous serez transcendés par cette même joie et que vous serez Heureux, et je me réjouis pour vous. Le jour de votre baptême sera votre naissance et votre essence pour avancer dans votre vie, avancer sans craintes et avec courage.

Ce passage des Béatitudes est une illustration parfaite pour être convaincu que notre vie est réjouissante, bordée par l’amour et le conseil de notre Seigneur. Voyagez, entrez dans les églises et faites la messe partout où vous le pourrez. Allez à la rencontre de vos frères et sœurs en Christ, de cette paroisse et d’ailleurs, découvrez, identifiez et admirez les créations de Dieu et œuvrez pour apporter plus de beauté, de paix et d’amour. Réjouissez-vous d’être vous-mêmes, uniques à votre manière.

Mes amis, mes frères et sœurs, je vous souhaite à tous un excellent cheminement vers le baptême et la confirmation, vers le mariage et l’amour.

Merci pour votre attention.

Sébastien Weilenmann

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